Et si le Pays Basque devenait la nouvelle destination EXO ?
Quand on parle de pêche exo, on pense souvent à des destinations lointaines, à des eaux chaudes, à des poissons qu’on imagine seulement à l’autre bout du monde. Pourtant, depuis quelques années, j’ai de plus en plus le sentiment qu’il se passe quelque chose chez nous, au large du Pays Basque.
Quand on passe beaucoup de temps en mer, il y a des choses qu’on finit par sentir. Pas forcément besoin de grands discours ou d’analyses compliquées. Il y a juste des signes, des observations, des moments répétés qui te font comprendre que ton terrain de jeu évolue.
Depuis maintenant trois ans, il y a notamment un poisson qui m’interpelle particulièrement : la dorade coryphène. Entre août et octobre, j’en observe de plus en plus régulièrement. Au début, ça pouvait presque passer pour un coup de chance, une rencontre isolée, un poisson rare qui fait plaisir. Mais aujourd’hui, ce n’est plus comme ça que je le ressens. Sa présence devient plus réelle, plus marquée, presque habituelle sur certaines périodes.
Avec ses reflets verts, bleus, jaunes et or, la dorade coryphène apporte à elle seule une touche d’exotisme presque irréelle sur les eaux du Pays Basque.
Ce poisson a quelque chose à part. Rien que sa silhouette, ses couleurs, sa nervosité, ça change immédiatement l’ambiance d’une sortie. Et ce qui est fou, c’est que parfois, en mer, il ne faut pas grand-chose pour les trouver. Une simple palette à la dérive, ou même un déchet flottant, peut parfois révéler en dessous un gros banc de dorades coryphènes. Et là, forcément, tu te dis qu’il se passe quelque chose. C’est le genre de scène qu’on associe facilement à des destinations exotiques, et pourtant ça se passe ici, chez nous.
Bien sûr, impossible de parler de ça sans parler du thon rouge. Lui aussi participe clairement à cette impression. Quand il est là en quantité, que les chasses se mettent en place, que tout s’accélère, on vit des moments de pêche incroyables. Il y a la vitesse, la puissance, les attaques, l’adrénaline, le bruit, la tension à bord… tout va très vite et tout devient intense. Ce sont des scènes qui marquent vraiment. Et quand on prend un peu de recul, on se dit que ce qu’on vit ici n’a parfois rien à envier à des destinations bien plus lointaines.
Mais ce n’est pas seulement le thon rouge qui me donne ce ressenti. Depuis quelque temps, il y a aussi l’observation de marlins blancs, parfois en vraie quantité, qui me fait me poser des questions sur l’évolution de notre côte. Voir ce type de poisson ici, dans notre environnement habituel, ce n’est pas anodin. Ça fait réfléchir. Ça donne le sentiment que le Pays Basque est peut-être en train de prendre une autre dimension.
Et puis il y a tout le reste. Tout ce que la mer offre autour de la pêche. Ces dernières saisons, je trouve les rorquals de plus en plus présents. Il arrive même parfois de croiser des orques. Ce sont des moments qui donnent une autre dimension à la sortie. On part pour pêcher, et on se retrouve au milieu d’un spectacle énorme, vivant, puissant.
Même en hiver, il y a des observations qui renforcent cette impression. La présence de globicéphales sur la période hivernale en fait partie. Et quand arrivent aussi les listaos en septembre, parfois en nombre, on se dit qu’il y a quand même quelque chose de particulier en train de se passer sur notre côte.
Alors attention, l’idée n’est pas de dire que le Pays Basque est devenu une destination tropicale ou de raconter n’importe quoi. Ce n’est pas ça. Il garde totalement son identité. Il reste ce qu’il est : une côte de caractère, un océan parfois dur, une vraie ambiance, une culture maritime forte. Mais justement, c’est peut-être ça qui rend tout cela encore plus fort. On garde cette authenticité, et en même temps on voit apparaître de plus en plus de signes qui donnent à cette zone une saveur nouvelle.
Aujourd’hui, quand je vois la présence du thon rouge, les dorades coryphènes de fin d’été, les marlins blancs, les rorquals, parfois les orques, les globicéphales en hiver ou encore les listaos de septembre, je me dis que le Pays Basque est peut-être en train de devenir quelque chose à part.
Pas une copie d’ailleurs, pas un fantasme mais une destination qui, par moments, a vraiment un goût d’EXO.
Et c’est peut-être ça, au fond, le plus marquant : se dire qu’aujourd’hui, pour vivre ce genre d’émotions, il n’est pas forcément nécessaire de partir à l’autre bout du monde.
À ce rythme-là, il va falloir ramener le matos exo au Pays Basque.